Pronistic et recap de Cannes

Clint Eastwood et Angelina Jolie
En quelques lignes, les pronostics, les coups de gueule, les déceptions, bref, le palmarès du 61e Festival de Cannes selon Plume-noire.com
.24 City.
Jia
Zhangke livre un documentaire soporifique qui se contente d’aligner des
plans fixes de témoignages sur le passé d’une usine d’armement. Il
repartira les mains vides.
.Adoration.
Atom
Egoyan interroge la mémoire, les nouvelles technologies et les moyens
modernes de communication, la vérité dans le flux d’images et
d’information, à travers l’histoire intime d’un ado qui tente de
découvrir comment ses parents sont morts. Le film a reçu un très bon
accueil du public. Nous, on s’est un peu perdu dans son rythme lent et
la confusion de sa mise en scène.
.Blindness.
Le
film d’ouverture, certainement déjà oublié de tous, jury inclus.
Fernando Meirelles ne croit pas en ses choix de mise en scène, ses
bonnes idées, et à trop prendre le spectateur par la main, il finit par
le perdre. Raté, bien que rehaussant le niveau des films d’ouverture
auxquels le festival nous a habitués depuis des années.
.Changeling (l’Echange).
Un
très bon Eastwood, qui embrasse divers genres, du film de procès au
thriller, en passant par le drame intime. Sachant que Sean Penn
préside, même si ce dernier a soutenu à la conférence de presse du
jury ne pas céder au favoritisme, ce film pourrait recevoir un prix.
Lequel ? La mise en scène ?...
.Che.
Une amie et
collègue vient de me confier s’être entretenue avec Olivier Assayas
pour qui ce film marathon dont on se souviendra de la longue projection
de 4h30 représente sa Palme. « Il a retourné tous les défauts du film
que je lui exposais à son avantage », me racontait-elle. En un mot, un
film qui divise, mais ne laisse pas de marbre. La Palme sinon rien. A
moins que le Che reparte avec le prix d’interprétation…
.Delta.
Plans contemplatifs, rythme languide, dialogues laconiques. Delta jouit d’une beauté formelle et se remplit d’une atmosphère poisseuse qui en a séduit plus d’un. Outsider surprise possible.
.Entre Les Murs.
Un
prix d’interprétation collectif pour l’ensemble des ados de la
distribution ? L’adaptation du roman de Bégaudeau a remporté tous les
suffrages. On peut se douter que ce sujet franco-français séduise la
presse et le public étrangers. Pour autant, il paraît que plusieurs
dizaines de pays ont d’ores et déjà acheté le film. Forcément un prix,
pourquoi pas la Palme.
.Gomorra.
Un portrait
réaliste, quasi documentaire, de la mafia, d’après le roman de Roberto
Saviano. Prix du scénario ? On n’y croit pas trop…
.Il Divo.
Prix
d’interprétation masculine pour Toni Servillo, qui compose un Giulio
Andreotti incroyable de cynisme et de froideur. La posture du corps, la
démarche, les moindres gestes et mimiques relèvent de la performance.
Pour Sorrentino, prix de la mise en scène ou Grand Prix. Très maniérée
et esthétisante au possible, elle sert le sujet, le portrait d’un homme
mystérieux et opaque, 7 fois Président du Conseil Italien, 25 fois
ministre, accusé de tout, d’assassinat, de complot, de malversations,
de relations avec les francs maçons et la mafia, et acquitté lors de
son procès. Rythmé, drôle, violent, le film s’avère une réussite, même
si il faut maîtriser l’histoire de la politique italienne pour
apprécier pleinement les arcanes de l’intrigue. On se souvient de
Sorrentino à Cannes avec Les conséquences de l’amour,
complètement desservi par cette mise en scène trop m’as-tu vu,
réduisant son film à une longue publicité pour voitures de luxe. Ici,
on n’imagine pas autres choix pour dresser le portrait d’un tel
personnage.
.La Frontiere De L'aube.
Le
film de la polémique. D’un côté, les défenseurs aveugles d’une certaine
politique des auteurs, pour qui défendre un Garrel relève de l’acte de
résistance face à la médiocrité, de l’autre, en vrac, les imbéciles et
ceux qui refusent de se laisser berner par ce cinéma prétentieux et
désuet. Notre Palme du navet.
.La Mujer Sin Cabeza.
On
n’avait pas compris pourquoi et comment Lucrecia Martel avait déjà pu
partir de la Croisette avec un prix. On ne comprendrait pas non plus si
son nouveau méfait réitérait l’exploit cette année. Complètement
hermétique, son film renvoie le spectateur à la porte, lui refusant
tout plaisir par excès d’aridité.
.Le Silence De Lorna.
Prix
d’interprétation féminine pour ce Dardenne apaisé mais toujours aussi
tendu. A moins qu’ils réalisent un hattrick en décrochant la timbale.
On en doute.
.Leonera.
Trapero
compte parmi les réalisateurs qu’on adore. Sa façon de traiter sur le
mode quasi documentaire ses films touche au cœur. Non content d’être un
metteur en scène hors pair (même si on lui préférera son portrait de la
police argentine dans El Bonaerense),
cette histoire de mère en prison remporte tous les suffrages, avec une
mention spéciale pour Martina Gussman, notre prix d’interprétation
féminine. Elle porte littéralement le film sur ses épaules de bout en
bout.
.Les Trois singes.
Le
style de Nuri Bilge Ceylan a fait ses preuves. Photographie travaillée
à l’extrême, plans séquences à l’affût de l’émotion tapie sur les
visages. Un possible prix de la mise en scène.
.Linha De Passe.
Sublime
et touchant portrait du Brésil d’en bas, via le parcours d’une famille
pauvre de Sao Paulo. Notre coup de cœur. D’aucuns lui reprochent un
trop plein de bons sentiments. Nous leur rétorquons que ça ne peut pas
faire de mal, surtout lorsqu’on défend les apparitions méliesiennes de
Laura Smet en ridicule fantôme de miroir dans La frontière de l’aube. D’autant que Walter Salles ne cède pas au pathos facile.
.My Magic.
Eric
rate son Khoo. Le public a largement applaudi l’interprétation de
Francis Bosco, qui dans la salle Lumière, a répondu en faisant surgir
des flammes de son portefeuille. Touchant, mais à l’écran, nous avons
un film ultra paresseux et lénifiant, boursoufflé de bons sentiments
trop naïfs pour convaincre. L’histoire d’un père qui se sacrifie pour
son fils, en poussant jusqu’à l’extrême ses talents de magicien. Une
heure 15 minutes de projection, ça peut paraître parfois long…
.Serbis.
Erreur
de casting dans cette sélection. Ce film sur une famille installée dans
un cinéma porno philippin agace une fois passé la promesse des premiers
plans. A vite oublier.
.Synecdoche, New York.
Quand
le scénariste de Michel Gondry et Spike Jonze passe à la réalisation,
ça donne un film où imaginaire se mêle à la réalité, où l’humour se
veut mélancolique, voire dépressif, et au final, un film trop long pour
qu’on adhère, malgré un début plutôt prometteur.
.The Palermo Shooting.
Wenders
tourne un long clip avec dans le rôle principal le chanteur du groupe
Die Toten Hosen, en photographe de mode qui nous fait sa crise de
quadragénaire et rencontre la Mort. Hommage à Bergman et à Antonioni
décédés l’été dernier, le film vomit son esthétique clinquante, à
grands renforts de palette numérique, et l’intrigue sombre dans le
mysticisme le plus abscons.
.Two Lovers.
Malgré
quelques réserves dont nous avons parlé dans notre critique, James Gray
réussit à négocier un tournant dans sa filmo, sans pour autant
s’écarter de son style. A l’écran, une histoire d’amour tragique qui
semble enfoncer des portes ouvertes mais qui en réalité atteint
directement le cœur de celles et ceux qui ont un jour envisagé de tout
plaquer par amour.
.Un Conte De Noël.
Une impressionnante direction d’acteurs par un Desplechin de haute tenue.
.Waltz With Bashir.
Gros
coup de cœur pour ce documentaire d’animation sur la mémoire, servi par
une réelle mise en scène bourrée d’idées et une technique de toute
beauté. Beaucoup lui prédisent la Palme, nous lui voyons davantage un
Grand Prix du jury.

Gwyneth Paltrow






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