Plume Noire Cinéma
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Fin de Festival



Cannes, dimanche 25 mai 2008, 9h23. La pluie narquoise tapote délicatement le velux. Une routine, cette année. Des voix envahissent mon sommeil. « Ah, vous avez gardé le sac Che ». C’était vraiment un pique-nique à deux vitesses, celles et ceux qui ont assisté à la projo en salle Bazin n’ont eu droit qu’à un pauvre kit kat, les restes de ceux en Debussy, en somme.



Leur projet était de prendre un petit déjeuner dans une ville qui sournoisement reprend ses droits, les festivaliers ayant rejoint les cohortes vaporeuses de fantômes, et d’aller à la rediffusion de Two Lovers à 9h. Vous vous seriez endormis. Sans aucun doute, mais on n’aurait pas manqué la première séquence, à couper le souffle, et c’eut été beau de se réveiller par intermittence au milieu des images de ce film.



Arrivés dans l’appartement, ils se sont raconté leurs souvenirs. Un long plan séquence baigné dans les vapeurs cotonneuses du petit jour et des dernières cigarettes qu’on s’échange, dont la bande-son vous berce. T’as de belles photos ? Non, que du flou, une bonne idée de Cannes. Toi, en revanche, t’as fait de belles vidéos. Oui, une interview « Zabriskie Point » de Bégaudeau à la lueur d’une bougie, sur la page, à la soirée Entre les murs, une rencontre fortuite avec Thomas de la Nouvelle star au Ball Room. Pour peu qu’il décroche la Palme. Thomas ? Non, le Cantet. Quels sont vos plus beaux souvenirs de cette édition ? Moi, c’est d’ordre sentimental. Moi, y en a plein, mais je me souviens de cette sortie de soirée : je déambule au petit matin sur la Croisette avec Louis G. Deux nénettes à bord d’une décapotable nous abordent. « Eh, les gars, grimpez, on vous emmène à la plage. » Nous avons passé une heure ou deux sur le sable, à faire tourner des bédos, en parlant de tout et de rien, puis on s’est salué. C’était beau… Et votre pire souvenir ? Sans hésitation, cette nuit passée à dormir sur le carrelage d’une cuisine, chez des gens que je ne connais pas, parce que j’avais oublié à l’appartement mon jeu de clés, batterie du téléphone à plat, et n’avais pas eu la présence d’esprit de sonner à l’interphone pour que mes colocataires m’ouvrent la porte. Moi je me retrouve à m’enfiler des hamburgers tout seul au McDo, comme un galérien esseulé. J’épluche mon courrier et découvre une invitation à dîner à une soirée. La lose ! Lorsque je m’y rends, mes collègues me demandent où je traînais, m’informent que tout le monde me cherche. Je n’ai pas osé leur dire pourquoi j’avais manqué le dîner… Autre chose, j’allume la radio, France Cul. Je tombe sur un auditeur en train de hurler des insultes à mon égard. Je me dis qu’il est trop tôt pour ces conneries, je trouve ça violent, je coupe le poste aussi sec. Ah, et cette junkie que je fais rentrer en boîte et qui cinq minutes plus tard se fait virer après avoir tiré les cheveux du videur… Moi, j’arrive à la soirée […], une responsable m’aperçoit, ne me reconnaît pas et lance : « Ah, c’est vous les danseuses ? Tenez, enfilez ça ! » Elle me tend alors un short moulant, la tenue que les gogo dancers, payées 10 euros de l’heure, portaient à cette fête. Je me suis sentie humiliée. L’an passé, c’était des actrices porno qui attiraient l’attention à la même fiesta. Oui, je me souviens de l’interview de Y. Elle me parlait de double pénétration anale, moi je tentais de rester concentrée tout en me disant en mon for intérieur que tout de même, c’est pas rien, une double péné anale.



C’est drôle comment un buzz peut circuler et de quelle manière. Il y a deux personnes qui ont piqué une tête dans la piscine de la Villa de mai, et le lendemain, on entendait les gens déclarer que la soirée était géniale, tout le monde s’est retrouvé à poil dans l’eau. J’ai également entendu des attachés de presse me féliciter pour mon nouveau petit ami, alors que je suis on ne peut plus célibataire. D’ailleurs, c’est toi, le SMS de Libé ? « Vendredi, 4h06. Entendu à la soirée du Garrel, avec des sanglots dans la voix : je n’ai pas roulé une seule pelle de tout le festival ». C’est amusant comme on a l’impression de ne pas avoir vécu les mêmes fêtes que celles auxquelles se rendait Technikart. Quand on regarde leurs photos, on se dit qu’ils ont vécu un tout autre festival que le nôtre. Oui, je ne suis pas sûr qu’ils s’endorment dans leur robe de soirée, eux. Je n’oublierai pas cette vision lorsque je t’ai vue sortir de ton lit dans cette tenue. Elle est tout de même mieux que celle de Wenders. Ah oui, je l’ai croisé, avec sa coupe de cheveux pas possible, vêtu d’un T-shirt Mickey Mouse… Mis à part leurs photos, j’aime bien leurs idées, notamment celle de donner la parole à un réal dont ils ont critiqué le film la veille. Oui, les cinéastes lisent les critiques, et parfois, partent en chasse de son auteur. L’an passé, Reygadas avait lancé un contrat sur JW. Lequel ? Il en existe deux… Sont lourds, tous ceux qui vous abordent dans une soirée, il n’y a pas longtemps, j’ai coupé court en lançant un « dégage ! J’ai pas envie de parler ! » Moi j’ai une technique : j’empoigne mon téléphone et simule une conversation ; je lance un sourire à l’intrus, ébauche un signe de la main lui signifiant qu’on se parle plus tard et m’éclipse dans la foule. Seulement voilà, il m’est arrivé de me faire griller. J’avais oublié de passer en mode silencieux et mon portable s’est mis à sonner alors que j’étais censée être déjà en ligne. Moi, j’entends rien en soirée, mon téléphone est mort, alors j’envoie des SMS. Le comble pour un téléphone de ne pas pouvoir passer de coups de fil.




Bon, je vais y aller, j’ai encore des papiers à rédiger. Merci pour le thé.




T’as pas touché au croissant, j’espère, ça fait trois jours qu’il sèche là. Je t’allume la lumière sur le palier, sinon tu risques de ne rien y voir. Tiens, c’est déjà allumé. Ah, non, c’est la lumière du jour.




Fin de la scène, les personnages se couchent. Le soleil tente de percer le rideau de l’ondée, on ne sait plus trop l’heure qu’il est. Mais qu’importe, on peut encore s’octroyer quelques heures de sommeil. « Bonne nuit. » Sourire. It's Cannes, baby...














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A propos du palmarès du festival de Cannes






L'équipe de Entre les murs

Comme quoi, « buzz means nothing ». Le président du jury, Sean Penn, coupe court à toute polémique, lorsqu’on lui demande à la conférence de presse pourquoi Valse avec Bachir ne figure pas au palmarès, là où d’aucuns le plaçaient favori. « Nous n’avons subi aucune influence et c’est à l’unanimité que nous avons plébiscité ce film sans couture où tout était magique. » Amazing, donc. Derrière ce qualificatif moult fois répété se rangent les membres du jury, Marjane Satrapi, Jeanne Balibar (« aucune contradiction n’a été mise de côté dans ce film »), Sergio Castellitto, Alfonso Cuaron. Le réalisateur Apichatpong Weerasetakhul affirme même ne pas avoir souffert de problème de traduction (démontant l’argument selon lequel le film serait limité par sa culture franco-française), qu’il a appréhendé Entre les murs avant tout comme un objet d’art qui traite de thèmes universels, une remarque qui ravira François Bégaudeau, fervent admirateur du Thaïlandais, croisé la veille à la fête du film. L’adaptation de son roman par Laurent Cantet remporte donc la Palme d’or, 21 ans après Maurice Pialat et Sous le soleil de Satan. Un film qui a le mérite de mettre tout le monde d’accord. Il y aura bien des esprits chagrins qui se penseront plus malins et estimeront de bon ton de cracher leur bile dessus et de s’élever contre lui, pour mieux se faire remarquer dans l’océan des thuriféraires. Mais force est de constater que la Palme de cette 61e édition rassemble le public et la critique (moins les mauvais esprits, bien sûr). Quoi qu’il en soit, la mini conférence de presse donnée par les lauréats débordait d’énergie. Cette même énergie revigorante que toute la troupe de gamins déploie à l’écran. « Comment allez-vous fêter cette Palme d’or », s’enquiert un journaliste. « Eh bien, un car est censé nous ramener à Paris à 23h », répond Cantet. « Nous allons négocier. » Dans la clameur de protestation joyeuse des jeunes réunis derrière lui, Bégaudeau ajoute : « nous allons réviser la grammaire entre onze et douze, puis relire du Flaubert. »


Alexandra Maria Lara


Natalie Portman

Engagement politique au plus près des problèmes de société. Le palmarès délivré par le jury de l’édition 2008 du Festival de Cannes surprend à bien des égards. Il Divo (prix du jury), Le silence de Lorna (scénario ? Il y avait plus inventif, non ?), Gomorra (Grand prix), autant de films (dont deux, complémentaires selon Castellitto, « qui montrent ce qui peut se cacher derrière une démocratie occidentale et qui célèbrent le retour du cinéma italien ») qui rendent compte chacun à leur manière de l’état du monde. Si le prix d’interprétation féminine (Sandra Corveloni, absente pour cause de drame personnel : la dame vient de perdre son enfant, ce que le jury ne savait pas, assurent les coréalisateurs Walter Salles et Daniela Thomas) prend tout le monde de court, au regard des incroyables performances de Martina Gussman (Leonera) et d’Arta Dobroshi (Le silence de Lorna), on s’étonne guère de voir Benicio Del Toro couronné, un tantinet blasé. A une journaliste japonaise arborant un T-shirt du Che lui demandant comment il se sentait en cette 80e année d’anniversaire du héros, il répond : « I love the shirt, I love the shirt… I feel like… happy birthday… I love the shirt… »


Benicio Del Toro


Nuri Bilge Ceylan


les.frères.Dardenne


Arta Dobroshi

Caméra d’or logique pour Hunger de Steve McQueen, impressionnant travail sur le corps, servi par des acteurs complètement investis et ce long plan séquence de 20 minutes. Quant au prix de la mise en scène décerné au Turc Nuri Bilge Ceylan, qu’on avait découvert avec enthousiasme avec Uzak, il prouve l’attention portée par le jury à un véritable travail formel, pour un film desservi par certaines faiblesses de scénario, comme l’apparition superflue d’un fantôme. On passera sur les prix honorifiques spécialement créés pour récompenser les carrières respectives de Catherine Deneuve (rien pour le Desplechin dans lequel elle joue) et de Clint Eastwood (dont L’Echange repart bredouille, malgré une excellente interprétation d’Angelina Jolie, une photographie très travaillée et un savant mélange de différents genres, du film de procès au thriller, en passant par le drame intimiste) pour se réjouir de constater que le jury ne s’est pas laissé berner par les horreurs et inutiles daubes que sont, dans l’ordre décroissant, La frontière de l’aube (Louis Garrel), La femme sans tête (Lucrecia Martel), Serbis (Brillante Mendoza) et My magic (Eric Khoo). Un réel regret pour le James Gray (Two lovers) et le documentaire d’animation d’Ari Folman (Valse avec Bachir), deux films qui se démarquent d’une sélection en demi-teinte quoique de bonne facture. Globalement, le 61e Festival de Cannes aura tenu ses promesses, alimenté les débats, les discussions et confirmé la richesse du cinéma que tous qualifiaient, Jean Réno en tête lors de la cérémonie de clôture, d’international.


meute de journalistes


hôtesses de la salle des conférences de presse

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Palmarès du Festival de Cannes 2008

Palme d'Or: Entre les murs
Grand Prix: Gomorra
Prix du Jury: Il Divo
Prix d'interprétation masculine: Benicio Del Toro (Che)
Prix d'interprétation féminine: Sandra Corveloni (Linha de Passe)
Prix du scénario: Le Silence de Lorna  (Jean-Pierre & Luc Dardenne)
Prix du 61e Festival de Cannes: Catherine Deneuve & Clint Eastwood
Palme d'Or du court métrage: Megatron
Mention spéciale - court métrage: Jerrycan
Prix Un Certain Regard: Tulpan
Un Certain Regard - Coup de Coeur du Jury: Wolke 9
Un Certain Regard - Prix spécial du jury: Tokyo Sonata
Un Certain Regard - Prix Espoir: Johnny Mad Dog
Un Certain Regard - Prix KO: Tyson
Caméra d'Or: Hunger
Caméra d'Or - Mention spéciale: Ils mourront tous sauf moi
Trophée du Festival: Manoel de Oliveira
Prix du Jury Oecuménique: Adoration
Prix François Chalais: Une histoire italienne
Prix Jeunesse: Tulpan
Prix de la critique internationale: Delta
Cinéfondation - 1er Prix: L'Hymne
Cinéfondation - 2ème Prix: Forbach
Cinéfondation - 3ème Prix: Signalisations des routes
Prix UniFrance du court métrage: Une leçon particulière

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Pronistic et recap de Cannes


Clint Eastwood et Angelina Jolie

En quelques lignes, les pronostics, les coups de gueule, les déceptions, bref, le palmarès du 61e Festival de Cannes selon Plume-noire.com
 
.24 City.
Jia Zhangke livre un documentaire soporifique qui se contente d’aligner des plans fixes de témoignages sur le passé d’une usine d’armement. Il repartira les mains vides.

.Adoration.
Atom Egoyan interroge la mémoire, les nouvelles technologies et les moyens modernes de communication, la vérité dans le flux d’images et d’information, à travers l’histoire intime d’un ado qui tente de découvrir comment ses parents sont morts. Le film a reçu un très bon accueil du public. Nous, on s’est un peu perdu dans son rythme lent et la confusion de sa mise en scène.

.Blindness.
Le film d’ouverture, certainement déjà oublié de tous, jury inclus. Fernando Meirelles ne croit pas en ses choix de mise en scène, ses bonnes idées, et à trop prendre le spectateur par la main, il finit par le perdre. Raté, bien que rehaussant le niveau des films d’ouverture auxquels le festival nous a habitués depuis des années.

.Changeling (l’Echange).
Un très bon Eastwood, qui embrasse divers genres, du film de procès au thriller, en passant par le drame intime. Sachant que Sean Penn préside, même si ce dernier a soutenu à la conférence de presse du jury  ne  pas céder au favoritisme, ce film pourrait recevoir un prix. Lequel ? La mise en scène ?...

.Che.
Une amie et collègue vient de me confier s’être entretenue avec Olivier Assayas pour qui ce film marathon dont on se souviendra de la longue projection de  4h30 représente sa Palme. « Il a retourné tous les défauts du film que je lui exposais à son avantage », me racontait-elle. En un mot, un film qui divise, mais ne laisse pas de marbre. La Palme sinon rien. A moins que le Che reparte avec le prix d’interprétation…

.Delta.
Plans contemplatifs, rythme languide, dialogues laconiques. Delta jouit d’une beauté formelle et se remplit d’une atmosphère poisseuse qui en a séduit plus d’un. Outsider surprise possible.

.Entre Les Murs.
Un prix d’interprétation collectif pour l’ensemble des ados de la distribution ? L’adaptation du roman de Bégaudeau a remporté tous les suffrages. On peut se douter que ce sujet franco-français séduise la presse et le public étrangers. Pour autant, il paraît que plusieurs dizaines de pays ont d’ores et déjà acheté le film. Forcément un prix, pourquoi pas la Palme.

.Gomorra.
Un portrait réaliste, quasi documentaire, de la mafia, d’après le roman de Roberto Saviano. Prix du scénario ? On n’y croit pas trop…

 
.Il Divo.
Prix d’interprétation masculine pour Toni Servillo, qui compose un Giulio Andreotti incroyable de cynisme et de froideur. La posture du corps, la démarche, les moindres gestes et mimiques relèvent de la performance. Pour Sorrentino, prix de la mise en scène ou Grand Prix. Très maniérée et esthétisante au possible, elle sert le sujet, le portrait d’un homme mystérieux et opaque, 7 fois Président du Conseil Italien, 25 fois ministre, accusé de tout, d’assassinat, de complot, de malversations, de relations avec les francs maçons et la mafia, et acquitté lors de son procès. Rythmé, drôle, violent, le film s’avère une réussite, même si il faut maîtriser l’histoire de la politique italienne  pour apprécier pleinement les arcanes de l’intrigue. On se souvient de Sorrentino à Cannes avec Les conséquences de l’amour, complètement desservi par cette mise en scène trop m’as-tu vu, réduisant son film à une longue publicité pour voitures de luxe. Ici, on n’imagine pas autres choix pour dresser le portrait d’un tel personnage. 


.La Frontiere De L'aube.
Le film de la polémique. D’un côté, les défenseurs aveugles d’une certaine politique des auteurs, pour qui défendre un Garrel relève de l’acte de résistance face à la médiocrité, de l’autre, en vrac, les imbéciles et ceux qui refusent de se laisser berner par ce cinéma prétentieux et désuet. Notre Palme du navet.


.La Mujer Sin Cabeza.
On n’avait pas compris pourquoi et comment Lucrecia Martel avait déjà pu partir de la Croisette avec un prix. On ne comprendrait pas non plus si son nouveau méfait réitérait l’exploit cette année. Complètement hermétique, son film renvoie le spectateur à la porte, lui refusant tout plaisir par excès d’aridité.

.Le Silence De Lorna.
Prix d’interprétation féminine pour ce Dardenne apaisé mais toujours aussi tendu. A moins qu’ils réalisent un hattrick en décrochant la timbale. On en doute.

.Leonera.
Trapero compte parmi les réalisateurs qu’on adore. Sa façon de traiter sur le mode quasi documentaire ses films touche au cœur. Non content d’être un metteur en scène hors pair (même si on lui préférera son portrait de la police argentine dans El Bonaerense), cette histoire de mère en prison remporte tous les suffrages, avec une mention spéciale pour Martina Gussman, notre prix d’interprétation féminine. Elle porte littéralement le film sur ses épaules de bout en bout.

.Les Trois singes.
Le style de Nuri Bilge Ceylan a fait ses preuves. Photographie travaillée à l’extrême, plans séquences à l’affût de l’émotion tapie sur les visages. Un possible prix de la mise en scène.

.Linha De Passe.
Sublime et touchant portrait du Brésil d’en bas, via le parcours d’une famille pauvre de Sao Paulo. Notre coup de cœur. D’aucuns lui reprochent un trop plein de bons sentiments. Nous leur rétorquons que ça ne peut pas faire de mal, surtout lorsqu’on défend les apparitions méliesiennes de Laura Smet en ridicule fantôme de miroir dans La frontière de l’aube. D’autant que Walter Salles ne cède pas au pathos facile.


.My Magic.
Eric rate son Khoo. Le public a largement applaudi l’interprétation de Francis Bosco, qui dans la salle Lumière, a répondu en faisant surgir des flammes de son portefeuille. Touchant, mais à l’écran, nous avons un film ultra paresseux et lénifiant, boursoufflé de bons sentiments trop naïfs pour convaincre. L’histoire d’un père qui se sacrifie pour son fils, en poussant jusqu’à l’extrême ses talents de magicien. Une heure 15 minutes de projection, ça peut paraître parfois long…

.Serbis.
Erreur de casting dans cette sélection. Ce film sur une famille installée dans un cinéma porno philippin agace une fois passé la promesse des premiers plans. A vite oublier.

.Synecdoche, New York.
Quand le scénariste de Michel Gondry et Spike Jonze passe à la réalisation, ça donne un film où imaginaire se mêle à la réalité, où l’humour se veut mélancolique, voire dépressif, et au final, un film trop long pour qu’on adhère, malgré un début plutôt prometteur.

.The Palermo Shooting.
Wenders tourne un long clip avec dans le rôle principal le chanteur du groupe Die Toten Hosen, en photographe de mode qui nous fait sa crise de quadragénaire et rencontre la Mort. Hommage à Bergman et à Antonioni décédés l’été dernier, le film vomit son esthétique clinquante, à grands renforts de palette numérique, et l’intrigue sombre dans le mysticisme le plus abscons.

.Two Lovers.
Malgré quelques réserves dont nous avons parlé dans notre critique, James Gray réussit à négocier un tournant dans sa filmo, sans pour autant s’écarter de son style. A l’écran, une histoire d’amour tragique qui semble enfoncer des portes ouvertes mais qui en réalité atteint directement le cœur de celles et ceux qui ont un jour envisagé de tout plaquer par amour.

 
.
Un Conte De Noël.
Une impressionnante direction d’acteurs par un Desplechin de haute tenue.

.Waltz With Bashir.
Gros coup de cœur pour ce documentaire d’animation sur la mémoire, servi par une réelle mise en scène bourrée d’idées et une technique de toute beauté. Beaucoup lui prédisent la Palme, nous lui voyons davantage un Grand Prix du jury.





Gwyneth Paltrow

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Dennis Hopper

"I'm tired to play the bad guy". Palermo Shooting (Wim Wenders)

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Che

Les jeux de mots fusent. Au cours de la seconde partie de la projection de Che, le film marathon de Steven Soderbergh (4h30), je reçois un sms d'une collègue et amie : "ché lâché le Che". Entendez, je me suis barrée. Tout le monde y va de sa petite plaisanterie : "Le Che m'a fait ché", "Che raté", "Che la cherbe"... Pourtant, nous étions nombreux à nous masser sous le soleil devant la salle Debussy pour assister à la projo presse. Mais dès les premiers plans, on craint le pire. Soderbergh nous refait le coup de Traffic, avec ses filtres monochromes, son passage de la couleur au noir et blanc. Refusant toute représentation héroïque, il n'emploie guère d'autres artifices et prend le parti fort honorable de la narration pure et brute, lançant sa caméra dans la jungle où  Fidel et Ernesto mettent sur pied la guerilla et la revolution. On les suit donc dans leur quotidien, ponctué de quelques combats anti-hollywoodiens, presque cheap, mais là où un Malick parvient à instiller de la tension dans des fusillades où on ne verra pas à l'image l'assaillant (la Ligne rouge), Soderbergh ne réussit qu'à installer l'ennui. Seule la fin de la première partie, petite guerre de tranchées dans les rues qu'on conquiert quartier par quartier, sort le film de la léthargie.

Intermission, nous annonce un carton. Dans le hall de la salle, les organnisateurs du festival ont prévu un encas. Des sacs en papier estampillés "Che" nous attendent, avec à l'intérieur un sandwich, une bouteille d'eau et une barre chocolatée.

La seconde partie s'étale et Guevarra s'égare. On le suit en Bolivie où il tente de poursuivre la révolution. Les scènes se succèdent sans que l'intrigue n'avance, Soderbergh s'embourbe dans son portrait sans âme, trop long, trop fatigué, en alignant les jours pendant lesquels les guerillos achètent de la nourriture aux paysans du coin, pas très concernés ou convaincus eux-mêmes par la cause qu'ils défendent, avant l'arrestation et l'exécution sommaire du Che. Une scène dont l'attente nous tenait cruellement éveillé. Amen, Che fini...




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Two Lovers


Gwyneth Paltrow

Two Lovers
(de James Gray), c'est l'anti Vicky Cristina Barcelona (de Woody Allen). L'un traite le thème du triangle cornélien sur le ton de la tragédie quand l'autre explore les impasses du ménage à trois sur le mode de la comédie romantique. Le film de Gray, semble enfoncer des portes ouvertes tout du long. Les situations paraissent téléphonées, voire surréalistes, à la lisière du ridicule, telle cette scène vaudevillesque où Leonard, amoureux de Michelle, se cache derrière la porte de la chambre, lorsque l'amant de celle-ci se présente à l'improviste. Tous trois se retrouvent dans le cadre. Impossible que l'amant ne découvre pas la présence de Leonard, pour autant, la scène fonctionne. Nous sommes dans l'universel, pas dans la réalité.


James Gray

Les esprits chagrins peu subtiles qui avaient crié au scandale à la sortie de We own the night, le qualifiant de navet pour débiles avec 2 de QI peuvent s'économiser une place de ciné pour aller voir Harry Potter 12 ou La Croisée des mondes 5, des films qui vous parlent du sens de la vie. Leur intelligence sera sans doute à nouveau offensée ici. Chez Gray, on connaît l'issue. Gray ne joue pas au petit malin en nous réservant un twist. Il parle au coeur, directement, celui de celles et ceux qui ont un jour aimé, qui ont un jour envisagé de tout plaquer, littéralement, par amours, celles et ceux qui ont touché le fond, se sont arraché les yeux à force de ne plus parvenir à pleurer, et qui se sont résolus. Ont capitulé face au poids du destin, de la fatalité. A la sortie de la projection presse de Two Lovers, ceux-la se reconnaissaient à leur refus de parler à chaud du film, le nez et les yeux encore humides.


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Ambiance de festival









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Soiree d'Anniversaire de la Quinzaine







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Le silence de Lorna



Que les esprits chagrins qui avaient crie au scandale lorsque Rosetta avait rafle la Palme d'or en 1999 se rassurent. Le silence de Lorna risque de les reconcilier avec le cinema des freres Dardenne, qui, en un mot, prouvent qu'ils peuvent renouveler leur style tout en continuant a faire du Dardenne. Moins de camera  portee, plus de retenue, et une intrigue qui s'ouvre a l'Europe tout en creusant la question de l'intime, celle du parcours et de la lutte d'un personnage incarne par une magistrale Arta Dobroshi qui porte le film de bout en bout sur ses fragiles epaules.  Les premiers promostics les voient volontiers realiser un hattrick en remportant cette annee encore la timbale. Messieurs, dames, faites vos jeux.

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